Euroairport : green washing comme AVANT la pandémie

Le déconfinement se poursuit, bientôt tout redeviendra comme AVANT ?
Non, la pandémie laissera des traces dans nos vies, elle changera profondément notre société et modifiera l’économie, et surtout le transport aérien.
La reprise à cependant un air de déjà vu, car les anciens dossiers n’ont pas disparu par enchantement et s’imposent même dans l’urgence.

Plan de Prévention du Bruit dans l’Environnement
Dans nos communications précédentes (ADRA-CP-PPBE-20181129-V1), nous vous informions des avancées du nouveau PPBE 2018-2022 et notamment à l’occasion de la Commission Consultative de l’Environnement, CCE, du 23 janvier 2019.

Après la Consultation publique du 8 octobre au 7 décembre 2019, les associations de riverains ont été interviewés en décembre et janvier sur ce plan et ont proposé notre catalogue de mesures bien connues (Charte Trinationale). En résumé les associations demandent une réduction significative des limites de nuisances sonores par rapport à 2015, le repos nocturne entre 23h et 6h, la révisons des trajectoires bruyantes et polluantes au décollage et à l’atterrissage et des limitations des mouvements bruyants.
L’ADRA a exprimé ses réserves sur le bon déroulement de la consultation, sur les critères de validation de l’étude dite d’approche équilibrée selon la directive EU598/2014 et le manque général de transparence.

Ce Plan est arrivé à une nouvelle étape. Le 11 juin l’aéroport de Bâle-Mulhouse présente les mesures avant de les transmettre à la Direction des Transports Aériens, DTA (DGAC) pour validation. Une Enquête publique doit avoir lieu à l’automne 2020.

Voir le communiqué de l’Euroairport
Voir la présentation de l’Euroairport

Encore du green washing comme AVANT la pandémie, pour « endormir » la population : nos propositions n’ont pas été prises en compte. Que quelques petites mesures qui datent d’avant la consultation et toujours des promesses. Du temps volé aux riverains pour rien.

L’Euroairport nous vole nos rêves !

Le repos nocturne se résume à la suppression des décollages programmés. Les vols en retard et les atterrissages après 23h sont maintenus. Oublié la période de 5h – 6h. L’interdiction des mouvements d’aéronefs de chapitre 3 et de marge cumulée inférieure à 13 EPNdB entre 22h00 et 06h00 a peu d’impact (alors qu’actuellement, cette marge est fixée à 10 EPNdB – plus le chiffre est élevé, plus l’avions est silencieux). C’est un progrès, mais l’ACNUSA et les riverains le demandent depuis longtemps et le règlement Européen prévoit déjà 15EPNdB et 17EPNdB. Par contre les vions bruyants avec une marge acoustique cumulée de seulement 10EPNdB continueront à voler entre 6h00 et 22h00. Pour rappel, l’OMS recommande 8h de sommeil sans interruption.
L’approche équilibrée ne prend en compte que la moyenne du bruit de plusieurs avions sur une heure et pas l’émergence du bruit en LAmax, qui réveille à chaque passage d’avion. L’évaluation dans l’`étude d’approche équilibrée de l’impact des mesures sur l’économie, le social (les emplois) et l’environnement, est approximatif. Seul le coût économique des emplois directs et indirects perdus par l’introduction des mesures est pris en compte. Les coûts de santé, environnementaux, perte de qualité de vie, etc… ont été exclus

Pas de repos nocturne entre 5h et 6h, parce qu’il « remettrait en cause le modèle économique et risque de faire partir le Fret Express ». D’abord ce ne sont pas les riverains qui ont choisi de développer le fret sur un aéroport urbain comme Bâle-Mulhouse et le départ des compagnies vers un autre aéroport est improbable, puisqu’il n’existe pas d’alternative proche de Bâle-Mulhouse ouvert entre 5h et 23h. La pandémie n’a pas changé le modèle de gestion et la stratégie de développement de l’aéroport ; la santé des riverains est sacrifiée sur l’hôtel des prétendus emplois. C’est une occasion manquée pour reconstruire un APRÈS durable. L’aéroport est très dépendant du Low-Cost EasyJet (70% des destinations) et il veut maintenir le Fret Express très impactant. Un aéroport discount qui fait payer le prix fort aux riverains ?
Sans envisager l’éventuel impact des entrepôts projetés par Amazon en Alsace sur le fret avionné et camionné et de la disparition des emplois locaux par le e-commerce.

Les mesures « n’entreront pas en vigueur avant mai 2021, le temps que la DGAC et les autorités aériennes valident la proposition. »
Le Conseil d’Administration considère que les mesures représentent une avancée, un petit pas qui sera suivi d’autres. Que vaut cette promesse ? Pour les riverains ce plan en l’état est inacceptable et notre lutte continue.

Remarque : les associations de riverains, pourtant participants à l’étude d’approche équilibrée selon EU598/2014, n’ont pas eu accès à l’ensemble des documents et paramètres sur lesquels se base l’aéroport pour l’évaluation des mesures. Celà nous a été expressément refusé.

Voir L’Alsace du 11 juin