UNE LIGNE ROUGE POUR LES AÉROPORTS

Moins d’avions – Zéro extension.

Halte aux ravages, place à un avenir équitable et vivable pour tous
Stay Grounded – Rester sur Terre, campagne pour la Baisse du trafic aérien

Nous rêvons d’un avenir juste et vivable pour tous, fondé sur la solidarité et les besoins des personnes, et non sur le profit.
Mais l’aviation est à l’origine de l’effondrement climatique, du surtourisme, de l’accaparement des terres et de la militarisation. Elle est au cœur du système capitaliste fossile hypermobile dans lequel nous vivons, et constitue un obstacle direct à cet avenir désirable.
Alors que les phénomènes climatiques extrêmes s’intensifient, il est grand temps de tracer une ligne rouge : mettre fin à l’expansion aéroportuaire, réduire le trafic aérien.

Le réseau Rester sur terre a lancé le 29 avril le manifeste « Une ligne rouge pour les aéroports – Moins d’avions – Zéro extension » à l’international.

 L’essentiel en vidéo :
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Mobilisons-nous pour que la question de l’aviation soit au cœur du débat sur la justice climatique et une transition juste !

Pour y parvenir, nous appelons à mettre en œuvre dix mesures visant à ramener immédiatement le transport aérien au strict minimum :

Arrêt de la croissance :
1. Pas d’expansion aéroportuaire: tout nouvel aéroport, toute extension d’aéroport, est inacceptable ! Le nombre de vols doit être réduit, pas augmenté.
2. Non à la compensation carbone, une fausse solution. Non à la diversion par les carburants dits « durables » (CAD ou SAF) : nous nous opposons au greenwashing que constituent les promesses de réduction des émissions du transport aérien. Nous demandons une véritable réduction du trafic.
3. Interdiction des programmes de fidélité et de la publicité pour l’aérien : ces pratiques favorisent la croissance et sont contraires à l’équité.

Réduction rapide du trafic :
4. Remplacer les vols court-courriers par des liaisons ferroviaires ou maritimes : les vols court-courriers pour lesquels existe une alternative en train ou en bateau d’une durée de 10 heures ou moins doivent être interdits. Les trains interrégionaux et de nuit doivent être améliorés, avec des prix abordables, voire la gratuité.
5. Réduire drastiquement les vols long-courriers et moyen-courriers : ces vols – qu’ils soient professionnels, touristiques ou de fret – doivent être considérablement réduits en faveur de déplacements plus courts dans le cadre d’une économie plus régionale.
6. Interdire les vols de nuit dans les aéroports : les décollages et atterrissages entre 22h et 7h doivent cesser immédiatement, car ils présentent un risque sanitaire totalement inacceptable pour les riverain·es. Les vols de nuit ont un impact climatique disproportionné, l’effet réchauffant des traînées de condensation étant à son maximum la nuit.
7. Interdire les jets privés : les jets privés sont le mode de transport le plus injuste et le plus destructeur pour le climat.
8. Fermer les aéroports régionaux : les petits aéroports régionaux, qui engloutissent énormément d’argent des contribuables pour un petit nombre de vols, devraient être fermés immédiatement. Dans les zones reculées, où aucune alternative de transport n’est disponible, le trafic aérien devrait être fortement réduit et progressivement remplacé par d’autres modes de transport moins carbonés.

Transition fondée sur la justice et les limites planétaires :
9. Assurer une transition juste et convertir le reliquat d’aérien en service public : les aéroports et les compagnies aériennes doivent mener une transition rapide et juste et verser des réparations pour leur rôle dans la crise climatique. Et ce qui restera du secteur aérien ne devra pas servir des intérêts privés et le profit, mais passer au public.
10. Fixer des limites d’émissions contraignantes et répartir équitablement les vols : établir un plafond strict d’émissions pour les aéroports, inclus dans les budgets nationaux d’émissions (c’est-à-dire les contributions déterminées au niveau national (CDN)). Chaque aéroport se verrait alors allouer une part équitable du budget global d’émissions du transport aérien, en baisse constante. Les vols restants compatibles avec les plafonds devront être répartis de manière démocratique selon les besoins, en dressant une liste des vols essentiels justifiés – comme les vols pour les situations d’urgence, les secours ou les réfugié·es.

Cette lutte s’inscrit dans un mouvement plus large pour la justice climatique et la libération collective. Toute nouvelle piste dont nous empêchons la construction, tout vol que nous clouons au sol, ébranle le système qui alimente les inégalités et la destruction de la vie – et nous fait avancer vers un avenir basé sur le “care” et les besoins des personnes, et non sur le profit. La ligne rouge est tracée. Rejoignez-nous et restez sur Terre.

La page de la campagne « Red Lines for Airports » se trouve ici et le manifeste ici !

 L’ADRA est signataire avec plus de 115 autres collectifs du manifeste qui propose 10 mesures pour réduire le trafic aérien. Le manifeste met en lumière la menace que représente l’aviation pour notre avenir et propose dix mesures visant à la réduire considérablement.

 

Le HCC contre l’extension du trafic aérien

Nous ne sommes pas des rêveurs !

Le Haut conseil pour le climat étrille les projets d’extension d’aéroports français
Dans son avis sur le projet de 3ème stratégie nationale bas carbone (SNBC3) rendu le 12 mars, le Haut conseil pour le climat (HCC) souligne la nécessité de stopper les projets de nouvelles infrastructures aéroportuaires, et de cesser de favoriser l’augmentation du trafic aérien. Cet avis intervient alors que de nombreux aéroports français continuent de porter des projets visant à augmenter les capacités aéroportuaires. C’est le cas de Roissy, Beauvais et Nice. Contestés par la société civile, ces projets sont malheureusement menés à marche forcée par les aéroports, avec le soutien des pouvoirs publics. Communiqué de presse commun Rester sur Terre, ADVOCNAR, ADERA et AES 06 concernant l’avis du Haut conseil pour le climat (HCC)

Le Haut Conseil pour le climat appelle à accélérer la sortie des énergies fossiles pour tenir les objectifs climatiques de la France
L’instance indépendante salue l’ambition de la troisième stratégie nationale bas-carbone, mais elle doute de sa crédibilité, alors que la baisse des émissions marque le pas et que les politiques environnementales régressent.
LeMonde, Audrey Garric , 12.03.26

 

Transport aérien et surtourisme, même combat

L’hypertourisme ou la démesure mondiale
Le tourisme est devenu un dispositif globalisé intense, reflet des contradictions de notre hypermodernité : l’hypertourisme (ou surtourisme, tourisme de masse, voir Wikipédia). Dépassant le simple inconfort des foules, cette mécanique de la démesure menace désormais l’habitabilité de la Terre et exige une déconstruction pour la survie des territoires.

Enjeu démocratique et politique.
… Enfin, le voyage ne devrait plus être considéré comme un droit absolu et illimité, mais comme l’exercice d’une responsabilité individuelle, invitant chacun à préférer la rareté, la proximité et la sobriété pour préserver l’habitabilité de la Terre.
La Terre au carré, Mathieu Vodard, interview de Rémy Knaffou, géographe, 16.04.26

Le géographe Rémy Knafou analyse dans son livre « Hypertourisme » cette toute-puissance dans ses multiples dimensions.
Il prône la nécessaire régulation d’un tourisme dont la démesure s’affirme de jour en jour. Mettre fin aux conflits d’usage, améliorer la cohabitation entre habitants et touristes, préserver l’habitabilité de la Terre et le droit aux vacances pour tous sont impératifs pour l’avenir du secteur. Editions du Faubourg.

Rester sur Terre et Greenpeace Paris se mobilisent contre le surtourisme, 26.03.26


ACTION contre le surtourisme organisée par Rester sur Terre et Greenpeace Paris dans le cadre des journée pour le droit à la ville et au logement, © Basile Barjon / Rester sur Terre

ADRA : Voir ici nos contributions sur le surtourisme et ses impacts sur le transport aérien et la planète.