LE SAVIEZ-VOUS ?

Quel est le moyen de transport le plus durable ?

Pour voyager, préférez le train à l’avion ou au SUV si vous voulez préserver la planète.

Efficacité énergétique des moyens de transports

Le train consomme 2,6 fois moins d’énergie au km par personne transportée. La voiture et l’avion sont proches, mais les trajets en avion sont en général plus longs, donc plus énergivores.

Source: Professor David Banister, Emeritus Professor of Transport Studies, Oxford.

 

La France ne peut pas vraiment s’opposer aux projets d’extension de l’Euroairport de la Suisse

Sauf si elle y mettait de la volonté !

Dans la Convention du 4 juillet 1949 signée avec la Suisse concernant l’aéroport de Bâle-Mulhouse, la France s’est engagée à mettre à disposition de la Suisse les infrastructures nécessaires aux besoins de développement du trafic aérien suisse.
En 2021 et après les accords de la COP21 de Paris (signés par la Suisse), cette Convention deviendrait caduque. Mais en raison du statut binational de l’aéroport, le gouvernement français a exclu l’aéroport de Bâle-Mulhouse de son projet de loi pour le climat concernant le moratoire sur les extensions d’aéroports (Article 37-2).
Cela supposerait des tractations compliquées avec la Suisse, ce qui n’est pas une priorité pour le gouvernement.
Une fois de plus, la Suisse obtient « le beurre et l’argent du beurre » en jouant sur son statut en Europe.
De plus, la France vient d’être condamnée par l’Europe pour « inaction climatique », donc elle et la Suisse devraient revoir leurs projets d’extension.

 

L’avion vert ne sauvera pas le climat


Le communiqué de presse de Greenpeace France, 5.03,2021

 

Pour éviter la catstrophe climatique, il faudra voler moins !

« Dans un rapport, le think tank « Shift Project » et un collectif d’anciens et actuels étudiants de l’Isae-Supaero baptisé « Supaero-Decarbo » appellent à définir un « budget carbone » pour l’aviation jusqu’à 2050 à ne pas dépasser. Selon le budget carbone qu’ils ont défini, les progrès technologiques prévus par les industriels seront insuffisants pour respecter les objectifs de l’Accord de Paris. Pour y parvenir il faudra, dans le scénario considéré comme le plus réaliste, baisser le trafic. Le rapport évalue la baisse de trafic nécessaire à 19% d’ici à 2050 au niveau mondial, ce qui entraînerait la baisse de la constuction d’avions de 55%. Pour la France, il suggère plusieurs mesures fortes pour limiter l’offre, mais aussi la demande. »
La Tribune, Fabrice Gliszczynski, 03.03.2021

 

Peut-on être touriste et écolo ?

Les touristes seraient en contradiction avec leurs convictions écologiques et sociales personnelles ?
A l’aéroport de Bâle-Mulhouse, le trafic passager est dominé par la compagnie « low-cost » Easyjet, et la compagnie Wizz Air dite « ultra low cost ». Cette dernière est régulièrement critiquée pour son management des ressources humaines, jouant des différences de législation entre pays européens en matière de droit du travail. Le saviez-vous ? Mme Karima Delli, députée et présidente de la commission Transport au Parlement Européen, a demandé à la Commission Européenne une réforme pour harmoniser les législations sociales et environnementales en Europe dans le domaine du transport aérien.

Bien qu’Easyjet s’est constitué une part importante de passagers « affaire », la clientèle touristique représente la grande part du chiffre d’affaires de la compagnie tout comme pour Wizzair. Cette clientèle touristique, très sensible au prix du billet d’avion, serait en même temps en contradiction avec ses convictions écologistes et sociales, selon Emmanuel Combe, professeur des Universités et auteur.
Est-ce vrai ? Etes-vous contre l’écotaxation du kérosène qui se répercuterait sur votre prix du billet d’avion ?
Est-ce vrai ? Allez-vous reprendre plusieurs fois l’année les moyens courriers en partance de l’Euroairport, tout en prônant la lutte contre le réchauffement climatique et le manger « bio » ?

 

Est-ce compatible ?

La Suisse a signé les accords de Paris (COP 21) sur la réduction des Gaz à Effets de Serre … et en même temps elle veut accroître le trafic à l’Euroairport ! Est-ce compatible ?

En vue de la reprise du trafic aérien comme avant la crise sanitaire, la Suisse ne renonce pas à ses projets d’extension de l’Euroairport, même si elle s’adapte en le projetant par étapes. Pour délester les aéroports de Zürich et Genève arrivant à saturation et où l’opposition des riverains est forte, l’aéroport de Bâle-Mulhouse se prêterait idéalement au développement des compagnies « low cost » et du fret. Autre avantage, les nuisances sont surtout subies sur le territoire français et les autorités de notre pays donnent leur accord ! Prochaine étape, une Nouvelle Liaison Ferroviaire, NLF, très couteuse reliant les métropoles suisses directement à l’aéroport. Un projet mené conjointement avec la SNCF et soutenue par les élus locaux et la Région Grand Est !

Non, ce n’est plus compatible avec les engagements sur la réduction des gaz à effet de serre de la COP 21, de relancer le trafic aérien et surtout les avions cargo pour le fret. L’année 2019 étant déjà une année record en matière de bruit et de pollution pour la région.
Bien que le transport aérien représenterait moins de 5% des gaz à effets de serre à l’échelle du monde, il représente plutôt entre 11 et 15% en Suisse et en Alsace l’Euroairport est dans le top 3 des plus grands pollueurs du Haut-Rhin. Le saviez-vous ?

 

Quand le trafic aérien reprendra, serons-nous plus sensibles au bruit des avions ?

Oui, selon une enquête du Centre d’Information sur le Bruit (CIB) menée après le 1er confinement (juillet 2020)
57 % des répondants s’estimaient plus sensibles à la qualité de l’environnement sonore qu’avant le confinement…Et parmi les personnes qui étaient les moins sensibles auparavant, 60% le sont devenues après !
Avec le 1er confinement, les Français ont pu percevoir d’autres bruits, nouveaux pour certains – ceux de la nature, qui sont davantage source de sérénité. Cette « transformation s’est révélée d’autant plus marquante pour les riverains habitués au bruit ambiant », a constaté le journal Le Monde suite à son appel à témoignages. (Cécile Bouanchaud et Léa Sanchez, 12 juillet 2020)

Les bruits engendrent le stress, font souffrir, et nuisent à la santé. Selon l’enquête du CIB, 83 % des répondants étaient déjà « plutôt sensibles » ou « très sensibles » au bruit avant le confinement. C’est énorme ! Il est grand temps que ceux qui nous gouvernent ou qui décident prennent des mesures plus drastiques, non ?

 

Dans le futur, voyagerons-nous moins ?

C’est un scénario probable qu’envisage Jean-François Rial, PDG du groupe Voyageurs du Monde.
Suite aux restrictions de mouvement liées à la crise sanitaire, l’industrie du voyage a observé que dès qu’une destination de voyage rouvre, elle repart assez vite, répondant à l’envie de voyager qui reste intacte.
De ce fait, J-F Rial envisage que dans une première phase post-crise, l’activité de voyage et en particulier les vols « low-cost » (qui constituent l’essentiel des vols à l’Euroairport) reprendront comme avant.
Cependant il est convaincu qu’à moyen terme, « le citoyen-consommateur voyagera moins souvent mais plus longtemps », et que les « breaks de week-ends en avion vers une destination européenne auront « du plomb dans l’aile ». Sauf à prendre le train pour les destinations à portée de train.
(source : Les Echos , article de Christophe Palierse, 22/08/2020)

 

Les vols « low-cost » long-courriers ne sont pas rentables…

Plusieurs compagnies low-costs s’y sont frotté, et ont dû se rendre à l’évidence : le business modèle des courts et moyens courriers ne s’adapte pas à l’économie des longs courriers. La logistique des vols et la structure de coûts des longs courriers sont bien plus complexes.
La dernière en date qui s’est résolue à abandonner les long-courriers est la compagnie low-cost Norwegian. Elle renoncé à ses 35 Boeing 787 lancés en 2012 entre l’Europe et les Etats-Unis à prix cassés à moins de 200 euros.
Ce qui est une aberration économique et nuit grandement au climat prend heureusement et naturellement fin.
(source : Les Echos , article de Bruno Trévidic, 14 /01/2021)