Extension du trafic aérien : quid de la santé et du climat !

Les projets d’extension des aéroports français incompatibles avec les objectifs climat du secteur aérien

Les projets d’extension de six aéroports français pourraient entraîner une hausse de 32% des émissions de CO2 d’ici 2050, selon une étude de Transport & Environnement, incompatible avec la décarbonation du secteur aérien.
L’augmentation du nombre de passagers n’est en outre pas toujours moteur de croissance économique, contrairement à ce qu’assure le lobby du secteur aérien.
T&E, Transport & Environnement, 13 novembre 2025 

Extension de l’aéroport de Bâle-Mulhouse

Pour nos élus, l’Euroairport est « un atout majeur pour notre territoire ».
La Sénatrice Patricia Schillinger et ses collègues du Haut-Rhin ont « répondu à l’invitation de M. Luc Gaillet, président du conseil d’administration, et de M. Renaud Paubelle, directeur général adjoint, pour un échange sur les enjeux de développement de l’EuroAirport. »
Il trouvent que « l’EuroAirport est déjà un moteur essentiel du dynamisme économique de notre région. Mais il recèle encore un potentiel considérable, qu’il s’agit de libérer en accompagnant son développement. »
Patricia Schillinger, Sénatrice, Facebook 12.11.25

Et rien de concret sur les nuisances subies par les riverains. La transition écologique n’est pas non plus leur préoccupation.

Bâle-Mulhouse a dépassé en 2025 le niveau de trafic d’avant COVID 2019 avec 9,6 millions de passagers transportés (9,1 millions en 2019) et 94 500 mouvements
Comme partout ailleurs, Euroairport maintient ses projets d‘extension. En tout, des investissements de 535 millions € sont prévus d’ici 2033.
extension du centre de tri bagages en 2019,
agrandissement et modernisation du terminal pour 245 millions€,
extension des activités industrielles (maintenance, aménagements des cabines),
Nouvelle Liaison Ferroviaire, NLF : bien que reporté par l’Etat pour raison budgétaire, elle reste un objectif prioritaire de 436 millions€ pour 6km de rails.
réaffectation de la Zone Nord à l’aviation commerciale (l’aviation légère cessera fin 2026)

Prise en compte des « externalités négatives »

Les maigres avancés en matière de bruit à Bâle-Mulhouse sont annulées par la croissance du trafic. Depuis 2015, le bruit augmente.

A Bâle-Mulhouse les plans d’extensions ne tiennent pas compte du coût sanitaire et environnemental des activités de l’aérien (Rapport de Steer Davies Gleave 2017).

Or avec la découverte de la pollution aux PFAS qui s’ajoutant aux autres « externalités négatives », il est plus que jamais urgent d’évaluer les bénéfices-risques des aéroports de façon globale en intégrant tous les impacts, notamment sur l’environnement et la santé.

« La nature n’a pas de prix, mais sa maintenance a un coût. » Revue Projet, Jacques Richard, 29 octobre 2012.

Et si on obligeait les entreprises d’intégrer le coût de la maintenance (ou restauration) de l’environnement dans leur bilan ? Toutes les activités humaines ont un impact sur l’environnement et donc sur la santé. Pour éviter de dégrader l’environnement, ne faut-il pas prévoir les coûts futurs de sa restauration et mieux, intégrer dès l’origine le prix de sa protection. Concernant le trafic aérien, il est incompréhensible que le kérosène ne soit pas taxé. ou que nous visions une baisse générale du trafic aérien en le limitant au nécessaire sans impact sur le climat.

« Personne n’acceptera de tomber malade pour sauver l’emploi »

Réduire le trafic aérien, maintenant !

Tous les rapports indépendants parus sur le sujet le montrent : il n’est pas possible de réduire suffisamment les émissions de gaz à effet de serre du secteur aérien sans réduire le trafic. Le nouveau rapport d’Aéro Décarbo et du Shift project qui vient de paraître confirme et précise cette conclusion. Il est donc grand temps pour l’aérien de changer de cap !

Une baisse importante du trafic aérien est indispensable pour aligner le secteur sur les objectifs climatiques mondiaux ! Lire la synthèse du rapport.

Union contre les nuisances aériennes
Campagne « Réduire le trafic aérien » (Red lines for Airports) de Rester sur Terre en mars-avril 2026.

Voir également les campagnes de l’Union Européenne Contre les Nuisance Aériennes, UECNA, pour moins de bruit et moins de pollution
L’ADRA est membre des deux associations

COMPENSER C’EST TROMPER !

Connaissez-vous la dernière blague ? L’EuroAirport fait planter 10 000 arbres pour compenser ses émissions de Co2
Les stratégies de compensation sont inefficaces, au mieux elles servent de greenwashing.

Une fois de plus, EuroAirport orchestre une opération de greenwashing de grande ampleur. L’EuroAirport fait planter 10 000 arbres dans le Pays de Montbéliard qui, si tout va bien, permettra d’absorber 1 200 tonnes de carbone pour compenser le CO2 émis par la plateforme aéroportuaire sur 30 ans.
Outre que la parcelle était une forêt qu’on a coupée et que personne ne peut garantir que des plants minuscules arriveront à taille adulte en 30 ans en étant capable d’absorber du CO2 malgré les canicules et sécheresses à venir (nos forêts en France on produit plus de CO2 qu’elles en ont absorbé en 2025, année la plus chaude jamais enregistrée).
Ces 1200 tonnes de CO2 théoriques absorbés sur 30 ans sont à comparer aux 500 000 tonnes émis chaque année par les avions qui volent à Bâle-Mulhouse : affligeant !
Source @Airporttracker

« Suite à une convention signée entre la Ville d’Étupes et l’EuroAirport (en juillet 2025), les agents de l’Office national des forêts (ONF) ont commencé la plantation de 10 000 arbres prévus sur 8,5 hectares de terrain, route de Dasle. Elle permettra d’absorber 1 200 tonnes de carbone émises par l’infrastructure de Bâle-Mulhouse en 30 ans. »
L’Alsace, Aude Lambert (L’Est Républicain), 3.02.26

L’Euroairport mentionne encore l’accord avec MyClimate pour compenser le CO2 des vols, mais la page n’est plus accessible. Erreur ou avons-nous été enfin entendu ?

Nos articles précédents : « Voler  et compenser pour protéger le climat » et « La compensation carbonne des vols »

Pendant ce temps, « La Suisse viole le droit à la protection du climat ».
Ne croyez pas les promesses du transport aérien, voici la réalité : la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH*) a rendu le 9 avril 2024 son verdict dans l’affaire des Ainées pour le climat, statuant que la Suisse viole les droits humains des femmes âgées car le pays ne prend pas les mesures nécessaires pour lutter contre le réchauffement climatique.

Les riverains suisses exigent moins de bruit pour eux, mais ne s’opposent pas à l’extension de l’aéroport.
« Ce sont surtout les atterrissages venants du sud qui font débat au sein de la commission cantonale du bruit (Canton Bâle Campagne). D’autres mesures restrictives sont « probablement » à prévoir par l’aéroport. (Traduit avec Deepl)
Mehr Fluglärm am Euro-Airport – so reagieren die Kantone
Bz, Yann Schlegel; 22.01.26