Cinq ans après la loi Climat, toujours plus d’avions et d’émissions !

Alors que l’été caniculaire de 2026 a confirmé que les effets du réchauffement sont de plus en plus sévères et fréquents, en particulier en France, l’aérien continue à être choyé par le gouvernement et à échapper à sa part de l’effort nécessaire.

Extensions d’aéroports, Vols courts, Taxe carbone : les mesures véritablement efficaces ont été méthodiquement neutralisées lors de l’écriture de la loi Climat de 2021, et n’ont pas permis d’infléchir les émissions du secteur aérien, qui continuent de croître.

Seule la compensation des émissions des vols à l’intérieur du territoire national a été implémentée. C’est pourtant la seule qui ne réduit pas les émissions : elle détourne au contraire l’attention de l’urgence de véritables mesures et retarde l’action.

Les extensions d’aéroports comme moteur de la croissance du trafic

La mesure la plus emblématique de la loi Climat, l’interdiction des extensions d’aéroports, a été traduite dans la loi d’une manière qui la rend inopérante pour bloquer les nombreux projets d’augmentation du trafic aérien. Les aéroports de Lille, Bordeaux, Beauvais ou Roissy continuent d’organiser méticuleusement cette croissance du trafic et des émissions en augmentant leurs capacités d’accueil sans être gênés par la loi car ils ont des réserves foncières suffisantes. Depuis 2021, les aéroports de Nice et Marseille ont même mis en service de nouvelles installations leur permettant d’augmenter le trafic, alors même qu’elles étaient contestées devant la justice par les associations.

Bâle-Mulhouse maintient ses projets d‘extension, avec le soutien massif de nos élus :
agrandissement et modernisation du terminal pour 245 millions€,
construction d’un complexe hôtelier en secteur suisse
la Nouvelle Liaison Ferroviaire, NLF, reste un objectif prioritaire de 436 millions€ pour 6km de rails qui permettra à la Suisse de « remplir les avions ».
extension des activités industrielles : sur 100 hectares à l’ouest des pistes dans les zone 6 et 7 au nord et au sud de Blotzheim.
la construction de l’entrepôt logistique Amazon a débuté en mai à Ensisheim avec de probables répercutions sur l’activité fret à Bâle-Mulhouse.
En tout, l’Euroairport prévoyait début 2026 des investissements à hauteur de 535 millions € d’ici 2033.

Cette dynamique expansionniste va à l’encontre du récent avis du Haut Conseil pour le Climat (HCC), qui recommande dans son rapport annuel d’adopter un moratoire sur l’augmentation des capacités des aéroports français

Une ligne rouge pour les aéroports !

Il faut organiser, dès maintenant, la réduction du trafic aérien :
👉 Moratoire sur les extensions d’aéroports (comme le recommande le Haut conseil pour le climat)
👉 Non à la compensation carbone et à la diversion par les carburants dits « durables »
👉 Interdiction des programmes de fidélité et de la publicité pour l’aérien

Retrouvez toutes les mesures dans le manifeste « Une ligne rouge pour les aéroports »

Voir le bilan : Rester sur Terre

Voir notre article précédent.