Nuisances aériennes : riverains en colère !

Riverains, vos vies comptent pour peu aux yeux des promoteurs du transport aérien !

Les autorités, les milieux économiques et la plupart de nos élus, qui font la promotion du transport aérien, sont irresponsables quand ils imposent sans retenue les « externalités négatives » des activités aéroportuaires. Nous le répétons à l’envie (et surtout après la marche du 26 septembre), le bruit, la pollution et le changement climatique ont un impact grave sur la qualité de vie, sur la santé et l’environnement.

 

Riverains en colère !

Nous transmettons régulièrement les témoignages de riverains en colère, mais également de ceux qui sont dépités par les nuisances qu’ils subissent. Il faut entendre leurs paroles, elles sont respectables.

Leurs opposer sans discernement et fondement des arguments éculés est indécent et indigne !
Voici un florilège de remarques insensées souvent entendues et nos commentaires en réponse :

 « Pourquoi venir habiter à côté de l’aéroport, c’est de votre faute ! »
Réponse : les villes et villages existent depuis des siècles bien avant l’aéroport. Nos ancêtres nous ont transmis un patrimoine sur une terre habitable. De plus, nombre de maisons et nouvelles constructions datent d’une époque où l’aéroport était bien moins impactant que depuis le développement du tourisme low cost (sur-tourisme). https://www.adra-bale-mulhouse.fr/tag/tourisme/
Quand quelqu’un d’extérieur s’installe à proximité d’un aéroport, d’une route ou d’une voie ferrée, il sous-estime en général les nuisances qu’il découvrira plus tard et pense être résilient ; or le corps réagit aux nuisances surtout avec le temps jusqu’à devenir insupportable. Typiquement, il arrive fréquemment que des riverains travaillants loin de leur maison en journée, c’est la retraite venue qu’ils prennent pleinement conscience des nuisances.
Et que penser des municipalités qui adaptent leur PLU et rendent de nouvelles constructions possibles à l’intérieur du Plan de Gêne Sonore pourtant soumis à des survols constants entre 70 et 80 dBA ? Les promoteurs immobiliers font de bonnes affaires et tant pis pour les naïfs qui se sont font avoir !

  « Vous avez qu’à déménager ailleurs ! »
Réponse : chacun a droit à vivre dans un environnement sain (droit constitutionnel). C’est au transport aérien de réduire les impacts sur les habitants et l’environnement.

  « L’aéroport, ce sont pleins d’emplois, vos désagréments ne comptent pas ! »
Réponse : toute activité humaine doit tenir compte de ses impacts négatifs. Les coûts sanitaires et la dégradation de l’environnement (pollution, changement climatiques) sont à prendre en compte, même au-delà des lois. Les lois de protections de l’environnement sont souvent en retard sur le principe de précaution, qui doit s’appliquer (droit constitutionnel).

  « J’habite près de l’aéroport, le bruit ne me gêne pas, vous êtes un râleur jamais content ! »
Réponse : même si la sensibilité au bruit peut (éventuellement) varier d’une personne à l’autre, par expérience et avec le temps, le bruit fini par gêner tout le monde, surtout en été quand les fenêtres doivent rester ouvertes la nuit, quand nos enfants sont à l’école ou quand ils se couchent bien avant l’arrêt des survols. Chacun fait l’expérience du bruit des avions qui interrompent les conversations ou une émission sur un média. Sans parler du ressenti en extérieur une belle journée d’été au vert. Ou encore, ne me dites pas que vous raffolez des odeurs de kérozène imbrulées le matin au réveil !
De nombreuses études nationales et internationales documentent les impacts délétères du passage des avions. Il ne s’agit pas de râler mais d’être responsable et de se préoccuper du bien commun et de l’avenir.
Dossier santé « Bruit et santé ».

 Rappel : l’ADRA n’est pas contre l’aéroport mais estime que le transport aérien devrait être limité aux vols utiles et nécessaires, notamment en raison des nuisances et de l’impact sur la santé et le changement climatique.

Marche du 26 septembre 2026 (Photo C3f)

 

Témoignage d’un enfant du pays des 3 frontières contraint de déménager

« Ayant habité Hégenheim depuis ma naissance (j’ai 64 ans), et ayant supporté les nuisances toujours croissantes du trafic aérien, j’ai été membre-donateur depuis de nombreuses années à votre association.
Tout cela a changé. En effet j’ai déménagé dans un autre département, au vert, et dans un endroit exempt de trafic aérien (et routier).
J-L. Hégenheim, le 23 septembre 2026

 

Encore plus de bruit au-dessus de nos têtes

A la Commission Consultative de l’Environnement, CCE, du 15 octobre 2026, la DGAC nous a présenté sans prévenir une nouvelle trajectoire optimisée en piste 15 (envol vers le sud avec virage vers l’ouest) selon la procédure SIDs TORPA MOROK.
En bref, il s’agit d’une énième « optimisation » commencée en 2019, qui a pour seule finalité de moins survoler la Suisse (Allschwil) et de décaler les trajectoires vers le nord pour impacter encore plus les communes de Hégenheim, Buschwiller, Wentzwiller et Folgensbourg….

Or depuis quelques temps, nous avions des remontées des riverains de Wentzwiller et de Folgensbourg, qui nous faisaient part d’une augmentation des survols et donc des nuisances.

La CCE n’est que consultative, mais la procédure a été approuvée par la majorité des membres, dont la plupart des élus municipaux et de Saint-Louis Agglomération, SLA, sauf Hegenheim. Nous avons rencontré le lendemain des représentants de la nouvelle municipalité de Wentzwiller, qui sont très remontés.

L’ADRA c’est toujours opposé à ces pseudos trajectoires de moindre impacts (le nombre d’habitants survolés est réduit puisque les zones fortement urbanisées sont évitées). Ce n’est pas formellement à la suite d’une demande des riverains Suisse, mais c’est le principe appliqué par l’aviation civile (DGAC) en matière de réduction du bruit. Ce point fait aussi partie des mesures étudiées dans le PPBE.

En vue d’un partage équitable des nuisances avec la Suisse, nous demandons depuis longtemps une révision de toutes les trajectoires en courbes qui tentent d’éviter la Suisse (ELBEG, TORPA MOROK, BASUD). Nous retournerons auprès des élus pour les sensibiliser et mettrons en œuvres toutes les actions (notamment juridiques) pour réparer cette injustice.

Cartes des trajectoires avant et après correction (DGAC : CCE 15.10.26, slide 41)

Trajectoires vertes : DGAC Etude d’impact sonore, zones NA65:25
(CCE 15.10.26, slide 44)

 

Bilan des Plans de Prévention du bruit dans l’Environnement, PPBE

L’aéroport met en avant les avantages économiques et les efforts pour réduire les impacts.
Certes, depuis 2024 le bruit après 23 heure a diminué (allongement du repos nocturne), mais d’après nos recherches, le bruit n’a pas globalement baissé sur toute la journée et a même augmenté entre 22h et 23h.
Mais les statistiques complètes n’ont pas encore été fournies par l’aéroport et la DGAC.
Quant’à l’avantage de l’électrification des tarmac et gates, ainsi que des véhicules de la plateforme et de la futur chaufferie bio-énergie, cela ne compensera jamais les émissions des avions. Selon la DREAL, l’aéroport demeure une des plateformes industrielles d’Alsace la plus polluante.