La carte des luttes contre les grands projets inutiles

Reporterre recense sur une carte les « grands projets inutiles et imposés » (GPII) qui prolifèrent sur notre territoire, avec leurs opposants en lutte.
« Selon un rapport du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), 50 à 70 % des solutions pour le climat se situent à l’échelle locale.
Voir la carte.

Notre région des 3 Frontières ne manque pas de projets, dont l’utilité et la finalité sont contestables. Voir les projets de développement.

En particulier, l’extension de l’aéroport va de pair avec la poursuite d’une forte urbanisation, l’extension des réseaux routiers, la construction de grands centres commerciaux, etc., entraînant l’artificialisation des sols. Des projets climaticides.

Nos projets inutiles :

Aéroport de Bâle-Mulhouse : Projet d’extension Euroairport 2030
la Suisse et la France prévoient pour Bâle-Mulhouse, seul aéroport binational au monde, une troisième piste pour absorber la croissance du trafic aérien de 50% à l’horizon 2030, faisant passer les mouvements de 100.000 à 150.000 et les passagers de 8,5 millions en 2018 à 13,5 millions en 2030. Troisième aéroport national Suisse et 5ème aéroport de province Français, l’aéroport proche des zones urbaines est sources de multiples nuisances et pollutions. Cette extension aurait pour conséquence directe d’accroître les nuisances sonores, la pollution (notamment aux Particules Ultra-Fines), les émissions de gaz à effet de serre et l’artificialisation des sols.
Que penser fin 2020 du projet anachronique d’extension de l’aéroport de Bâle-Mulhouse après la crise sanitaire du COVID-19 ? Malgré le bouleversement tant climatique que sanitaire, mais aussi économique, difficile d’avoir des réponses, tellement le secteur aérien manque de transparence et communique à minima. C’est directement Bern et Paris (Ministère des transports) qui ont la main sur cet aéroport qui est assimilable en droit français à un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC).
Début 2020, l’aéroport travaillait encore sur le projet d’extension, le planning étant simplement repoussé en ces temps d’incertitude. La prochaine étape serait les concertations et enquêtes publiques. En raison la chute du trafic et de la crise économique profonde que connait le secteur aérien le projet semble reporté. On ne pense pas retrouver le trafic de 2019 avant 2023, voir plus tard. Peut-être y verra-t-on plus clair lors de la prochaine Commission Consultative de l’Environnement, CCE, avant la fin de l’année.

Article de presse : L’Alsace, 25.05.2020
(aucun article disponible sur l’extension de l’Euroairport en 2030).

L’ADRA a organisé une marche le 3 octobre dernier sur Bâle-Mulhouse contre l’extension.
(Reporterre l’a mentionné ici)

Nouvelle liaison ferroviaire, NLF, vers l’aéroport de Basel-Mulhouse
La liaison ferroviaire est un maillon du développement du transport aérien voulu par Bern et Paris. Elle apportera une croissance supplémentaire du traffic aérien et par conséquent une augmentation significative des nuisances et des GES. Ce projet ferroviaire, contrairement aux apparences, n’est pas écologique au regard de ses conséquences et des alternatives existantes et à venir.

Actuellement, l’aéroport de Bâle-Mulhouse n’est accessible que par la route en voiture ou navette de bus (avant la Covid-19, la prolongation d’une ligne de tramway était prévue). Pour permettre une desserte plus rapide, il est prévu de construire en 2024 une Nouvelle Ligne Ferroviaire, NLF, de 6 km pour le raccorder aux réseaux de train français et suisse. Les opposants craignent que cet investissement de minimum 250 millions d’euros (actualisé à 300 millions) ne se fasse au détriment d’autres infrastructures pour les déplacements quotidiens de proximité (le Rapport Duron du Conseil d’orientation des infrastructures, ne considère pas cette liaison comme prioritaire – janvier 2018).
De plus, les chiffres de report modal sont très bas. Par ailleurs les sites industriels de maintenance aéronautique sont éloignés de plus de 1km de la futur halte, ce qui réduit les possibilités de captage des travailleurs.

Les opposants s’inquiètent aussi de la hausse du bruit pour les riverains de cette nouvelle ligne et du bétonnage du secteur. Enfin, ils redoutent que cette desserte encourage la hausse du trafic aérien par le transfert des voyageurs de Zürich et Genève et les nuisances qui vont avec. Ils demandent à ce que ce raccordement soit assorti d’une limitation des mouvements d’avions ainsi que de l’extension des plages de repos nocturne.
En savoir plus.

Malgré la chute du trafic aérien et des passagers à transporter, le projet n’est pas remis en cause. A l’automne 2020, l’ensemble des acteurs des 3 pays participants au projet sont pour la poursuite des études et votent les budgets en conséquence. La Suisse est le plus grand contributeur financier. L’enquête publique devrait être lancée dans la foulée.

La NLF impacte aussi le site du projet Euro3Lys entre Saint-Louis et l’aéroport (voir carte des grands projets inutile). En effet, la voie traverse de part en part le site sur un talus avec un large empiétement et obère gravement l’aménagement du territoire (trame verte et bleue, circulation, surface libre disponible,..).

Réécoutez sur France Inter, l’émission de La Terre au carré sur la carte des luttes contre les grands projets inutiles.