Le projet de Nouvelle Liaison Ferroviaire est « en marche »

Malgré les nombreuses oppositions exprimées à la dernière concertation publique, malgré la crise économique du Covid-19 et l’effondrement des activités de l’aéroport de Bâle-Mulhouse pour quelques années, l’ensemble des acteurs des 3 pays, élus et autorités publiques, sont pour la poursuite du projet à 300 million. Ils votent les budgets pour financer les études, qui se poursuivent et l’enquête publique pourrait être lancée en 2021.

Reste une donnée qui butte sur l’opposition de Saint-Louis Agglo, SLA: la voie traverse de part en part le site du pôle de loisir et de commerce Unibail. SLA, d’abord opposé à la Nouvelle Liaison Ferroviaire, NLF, en raison de la prolongation du tram jusqu’à l’aéroport, exige que le train passe sur un viaduc de 170m pour ne pas obérer le développement du site. Mais, pour des raisons de coût, la variante favorisée est projetée avec un talus avec un large empiétement qui traverse toute la zone et un viaduc réduit à une longueur de 60m. Elle supprimerait l’unique trame verte et bleue du secteur et limite grandement la circulation, les surface libres, etc…

Présentation du projet de RER trinational_de Bâle et « Herzstück », qui comprend la NLF.

Pour mémoire…
La Fiche du Plan Sectoriel de l’Infrastructure Aéronautique, PSIA, du 15.05.2013 de la Confédération Helvétique, qui fixe le cadre général du développement d’ici 2030 de l’aéroport de Bâle-Mulhouse, préconise le raccordement de l’aéroport au réseau ferroviaire suisse. La Confédération juge important que l’aéroport soit raccordé à long terme au réseau ferroviaire longue distance et pas seulement au réseau régional (RER) afin qu’il soit directement accessible depuis les principales villes de Suisse.

 

Retour au bon sens avec l’Autorité environnementale !

25.01.2020
Les recommandations et avis de l’Autorité environnementale (Ae) montrent que l’étude du projet par la SNCF, l’Euroairport et SLA (Euro3Lys) est plein de lacunes gravissimes.
L’ADRA s’insurge depuis le début du projet en 2013, parce-que l’impact du raccordement est étudié délibérément de façon isolé, sans tenir compte des autres projets, et de leurs nuisances :
– Le développement de l’aéroport et de son traffic (PPBE)
– Le projet routier 5A3F échangeurs A35-RD105-Euroairport, mise partielle à 3 voies de l’A35, mise à 2 voies de la RD105, la restructuration de la plateforme douanière,
– le projet Euro3Lys : Pôle de loisir et de commerce 3 Pays (Unibail), immeubles de bureaux, golf dit « écoresponsable », etc.
– le prolongement du Tram 3
– ….
L’Ae pointe les conséquences de l’augmentation du bruit et de la pollution due au trafic aérien, ferroviaire et routier. L’Ae fait aussi allusion à l’impact transfrontalier du projet, sur l’Allemagne et la Suisse (en page 23). C’est donc clairement un cas d’application de la convention d’Espoo (L’Allemagne et la Suisse participent pourtant au financement de la liaison ferroviaire, et n’ont jamais fait état de la convention !).

Voir notre dosssier sur ces projets.

L’Ae cite même la pollution de l’air aux particules fines, PM10 et PM2,5. Tiens, tiens,.. à voir une de nos contributions ici.

Les associations environnementales, qui ont dénoncés ces lacunes criantes et le déni de démocratie mis à jour par la concertation publique en 2018, ont été entendues. Peut-on espérer une prise de conscience par les porteurs du projet, autorités et élus ?

L’avis de l’Ae porte sur la qualité de l’évaluation environnementale et sur les impacts du projet. Les réponses que le maitre d’ouvrage, SNCF-RAIL et EAP, devront y apporter, seront versés au dossier présenté à l’enquête publique fin 2020.
Rien n’est fait, continuons notre combat pour notre avenir à tous. Evitons un nouveau GCO de Strasbourg. « On ne lâche rien » !

L’article de L’Alsace, 25.012020.
Lire l’intégralité de l’avis de l’Ae.