STOP au GREENWASHING

Easyjet, publicité mensongère!

EasyJet se paie une campagne de verdissement de ses vols en pleine page dans les journaux. Gigantesque tromperie environnementale de l’aviation commerciale, qui prend le client pour un gogo, en misant tout sur la compensation au lieu d’éviter et réduire. EasyJet émet 10,4 millions tonnes CO2 par an. Face à la catastrophe climatique, STOP à cette fourberie inacceptable ! (dans L’Alsace, 3.11.2021)

 

La communauté scientifique proteste : « Nous protestons ici contre la publication de cette publicité, manifestement mensongère, qui contribue à obscurcir le débat sur les scénarios soutenables du transport aérien. La création de tels avions reste hautement improbable, pour des raisons de physique de base et de ressources énergétiques. »
Le billet dans Le Monde, 9.12.2021

Easyjet, plainte fondée
Le Jury de Déontologie Publicitaire, JDP, a été saisi le 1er novembre 2021, d’une plainte émanant d’un particulier, afin qu’il se prononce sur la conformité aux règles déontologiques en vigueur d’une publicité, diffusée en presse, en faveur de la société EasyJet, pour promouvoir son offre de flotte aérienne. Après examen. Le JDP considère que la publicité critiquée méconnaît les règles déontologiques et que la plainte est fondée.
Jdp-pub, 4.01.2022

 

Voler et protéger le climat, est-ce possible ?

Par exemple, en soutenant financièrement des projets dit de « Compensation carbone » (CO2, gaz à effet de serre).
Le site Internet de l’Euroairport suggère fortement que voler est un geste écolo !


L’offre de l’Euroairport et de myclimate de compenser le carbone « s’inscrit dans la lignée de la démarche de développement durable de l’Aéroport et sa politique environnementale, dont la réduction des émissions de CO2 représente l’un des axes clés. ». L’Euroairport, 5.10.2021

Est-ce un postulat scientifique ou simplement du greenwashing (verdissement) ?

Pourquoi la compensation carbone n’est pas la solution ?
– La compensation ne réduit pas vraiment les émissions
– Les projets de compensation génèrent souvent des problèmes d’environnement et de droits de l’homme
– Les compensations sont une vente d’indulgences des temps modernes
– La compensation détourne l’attention des vraies solutions

Et quid de l’impact du bruit et des autres polluants hors CO2, non compensables, émis par les avions.
Réduisez plutôt vos voyages, ce sera plus efficace et responsable!

La réponse de l’ADRA au greenwashing dans L’Alsace du 21.10.2021.

En savoir plus avec Stay Grounded / Rester sur terre.

 

Il faut réduire le transport aérien maintenant !

Stay Grounded / Restez sur Terre a lancé le 25 octobre une grande opération internationale de communication sur le Greenwashing du secteur aérien.
Vous savez combien nous sommes confrontés à Bâle-Mulhouse aux actions de verdissement de l’aéroport, mais aussi de la Nouvelle Ligne Ferroviaire, signez la pétition.

Avertissment : le greenwashing s’appuie souvent sur des actions de lobbying des compagnies auprès des autorités. Le terme anglais de « lobbying » est rarement traduit en francais ; il devrait être traduit par « pression » (pouvant entrainer la « corruption »).

« Chaque tonne de CO2 envoyée dans l’atmosphère compte,
car chaque dixième de degré supplémentaire entraîne des souffrances et des conséquences géopolitiques dramatiques pour les populations les plus touchées. »
François Gemenne, membre du GIEC, spécialiste de la gouvernance du climat et des migrations, enseignant à Sciences-Po et à la Sorbonne, auteur de « Géopolitique du climat » (Ed. Armand Colin).

CCFD Terre solidaire, contre la compensation
Le CCFD fait une démonstration implacable contre la fausse compensation carbone du transport aérien en mettant en lumière son impact délétère sur les populations fragiles, l’environnement et la faune. L’Alsace du 30.10.2021

 

Des aéroports neutres en carbone, c’est aussi du greenwashing !

Les aéroports annoncent tous un plan vers la neutralité carbone. Mais, les calculs intègrent seulement les activités au sol et autour des aéroports sans tenir compte des émissions des avions.
Un site Airport tracker permet de montrer les émissions des avions en équivalent CO2 pour chaque aéroport.
Voici par exemple les chiffres pour l’aéroport de Bâle. C’est évidemment plus compliqué de planter des arbres pour compenser les émissions annuelles de 205.000 voitures (uniquement la part attribuée à Bâle – BSL, qui représente plus de 90% des vols, sans Mulhouse – MLH).

Source : Bon pote, le 7.10.2021

 

Le transport aérien sous pression se lance dans une fuite en avant !

Depuis longtemps sous pression en raison de la « honte de voler » puis de la crise de la Covid-19, le transport aérien cherche à tout prix à passer pour écologique pour redynamiser ses activités.
Pour preuve, la communication grand public, comme celle de l’Euroairport dans la Basler Zeitung, 5.08.2021, ou L’Alsace, 6.10.2021, ou celle de l’Aviation Research Center Switzerland (ARCS) sur l’aviation durable dans ECOPLAN, 27.05.2021, ou encore celle des compagnies d’Easyjet, d’Air France, …

Pour le GIEC, « De la méconnaissance ou de l’instrumentalisation »
Valérie Masson Delmotte rappelle ainsi que « ni la déforestation évitée ni les investissements dans des énergies bas carbone » ne permettent de répondre à la neutralité carbone, qui « implique que chaque émission de CO2 dans l’atmosphère soit effacée par une élimination de la même quantité de CO2, retirée de l’atmosphère et stockée de manière durable », précise-t-elle.
« Un projet de reboisement permet effectivement de stocker du carbone pendant la durée de croissance de l’arbre, mais ensuite ? Ce stockage peut être à long terme (utilisation du bois en construction) mais aussi éphémère (bois pour chauffage) », ajoute encore la membre du Giec sur twitter. Elle conclut enfin qu’au-delà des émissions de CO2, l’aviation entraîne aussi « des trainées de condensation », qui ont elles aussi un impact sur climat mais ne sont pas prises en compte dans le calcul de neutralité carbone évoqué par Air France. Novethic.fr

Malheureusement, ce genre de lobbying trouve des âmes sensibles et crédules, qui croiront ces bonnes paroles et continuerons à faire comme si ce n’était pas grave.

Ce ne sont pas les mesurettes du Plan de Prévention du Bruit dans l’Environnement, PPBE ni la loi Climat, ni les compensations CO2, inopérantes des compagnies aériennes, qui apporteront du changement durable. Un développement destructeur basé sur des « besoins non essentiels » met en danger à terme la santé, l’économie et l’environnement. Le secteur aérien devrait se remettre en question en mettant la priorité sur les transports « nécessaires » et en diminuant l’impact environnemental sans attendre d’hypothétiques solution technologiques lointaines, qui tiennent plus du miracle que des sciences.

L’interview de l’ADRA dans L’Alsace du 21.10.2021: « La compensation carbone n’est pas la solution »

Une vielle idée du passé qui ne préserve pas l’avenir

La compensation n’est pas une idée nouvelle. Easyjet a annoncé en novembre 2019 qu’elle va compenser l’ensemble de ses vols pour un montant estimé à 22 millions € en 2020, qui servira à financer des projets de reforestation et de développement des énergies renouvelables.

En septembre 2019, Air France avait annoncé une mesure similaire pour ses vols intérieurs uniquement.
La compensation apparait comme n’étant pas une bonne solution, elle s’apparente plutôt à du greenwashing.
Même si Myclimate est sérieux et bien noté selon Wikipédia, la compensation d’émission de CO2 maintien au mieux la quantité de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, mais ne « réparera » jamais l’ensemble des dégâts causé à l’environnement par l’ensemble des émissions des avions. Car la compensation de CO2 n’a aucun effet sur l’ensemble des polluants et du bruit émis par le trafic aérien. Au pire la compensation ne fait que générer la bonne conscience dans l’esprit des utilisateurs, qui continueront d’utiliser l’avion au-delà du nécessaire.
En outre, au stade actuel, il est urgent de diminuer globalement nos émissions de gaz à effet de serre, GES.

Les mesures relatives au transport aérien du plan européen « Fit for 55 » sont insuffisantes et trop lentes

CORSIA fait plus de mal que de bien au climat. Celui-ci a déjà subi trop de dégâts pour être réparé, et CORSIA n’est rien de plus que du greenwashing, conçu pour permettre le statu quo pour les décennies à venir. Des analyses scientifiques montrent que l’échange et la compensation des émissions ne permettront pas de réduire efficacement les émissions de l’aviation. Au lieu d’offrir aux pollueurs la possibilité de se soustraire à l’engagement de réduire leurs émissions, il faut fixer des limites claires et mettre fin aux subventions” Rester sur terre.

Photo de couverture: Marmaris Turquie, aout 2021 (crédit : Christopher Cartwright)