Un long chemin pour respirer un air pur : la pollution aux PUF

L’Etat français est régulièrement condamné pour ne pas garantir un environnement sain à ses citoyens (Droit constitutionnel ; Charte de l’environnement) : pollution aux nitrates en Bretagne, « Affaire du siècle« ,…
La France, sera-t-elle condamnée pour « carences fautives » dans la lutte contre les particules ultrafines, PUF ?

A l’étranger, plusieurs études ont été menées afin d’étudier l’ampleur de l’impact sur la qualité de l’air des PUF dans le voisinage des aéroports, et cela dès 2007 à l’aéroport de Los Angeles, Californie, Etats-Unis ; « Monitoring and modelling of ultrafine particles and black carbon at the Los Angeles International Airport, Fanning et al. ». En Allemagne à Francfort et en Hollande, à Schiphol dès 2015.

L’aéroport d’Amsterdam Schiphol veut améliorer la qualité de l’air local
Aviation24.be, André Orban, 21 October 2021

Historique autour de Schiphol (traduction de l’article avec www.deepl.com) :
2015 : une recherche exploratoire menée par le National Institute for Public Health and the Environment (RIVM) montre que les particules ultrafines autour de Schiphol proviennent de l’aviation (même constat autour de Francfort).
2017 : début de l’étude du RIVM sur les risques sanitaires liés aux particules ultrafines dans la région de Schiphol.
2019 : signature de l’accord sur la qualité de l’air
2019 : résultats intermédiaires de la recherche sur les particules ultrafines RIVM (Publication: Recherche sur les effets sanitaires d’une exposition à court terme aux particules ultrafines à proximité de l’aéroport de Schiphol).
2019 : présentation du plan d’action de Schiphol sur les particules ultrafines
2020 : annonce de l’étude TNO sur les concentrations à Schiphol
Septembre 2021 : Proposition du RIVM : Étude exploratoire sur la faisabilité d’une étude de santé pour les travailleurs de Schiphol.
Début 2022 : Résultats de la recherche du RIVM dans la région de Schiphol : effets sur la santé d’une exposition à long terme aux particules ultrafines et rapport intégré.

L’aéroport de Schiphol ne peut plus rester inactif après les résultats du travail de RIVM. Mais il se passera encore quelques années avant que des mesures efficaces soient prises pour faire baisser substantiellement les PUF.

Et en France ?
Les associations de riverains et environnementales, l’ACNUSA (rapport bibliographique de 2017), l’ANSES (Avis du 28.06.2018) alertent les autorités depuis quelques années. Concrètement, peu de réaction.
Airparif a annoncé fin 2020 le « lancement d’une vaste campagne inédite de mesure des particules ultrafines (PUF) en Île-de-France » (Airparif)

Face à l’urgence, Airparif fait une étude qui porte uniquement sur des mesures ponctuelles et qui durera plusieurs années avant de faire des propositions concrètes. Cette campagne n’est pas « inédite », à l’étranger des campagnes similaires ont été faite (notamment autour des aéroports, des centrales thermiques à biomasse bois, etc), et on connait les résultats. La pollution aux PUF est très caractéristique pour chaque source, elle obéit aux mêmes lois physiques et chimique quelques soit l’endroits.
Nous sommes en 2021, le rapport de Airparif sera disponible dans 4 ans au minimum !
Elle ne fera que confirmer ce que d’autres ont déjà démontrés. Cette perte de temps est inacceptable. D’autres aéroports, comme Francfort, sont sur le point d’installer des stations permanentes.

A Bâle-Mulhouse, l’aéroport a chargé Atmo Grand Est de faire une campagne de mesure des PUF (aéroport, autoroute, aire urbaine, …). Mais de là à avoir un suivit de la pollution basée sur des mesures en continu, il faudra être patient.

Voir notre dossier sur les PUF

Photo : Wikimedia Commons