POLLUTION aux Particules Ultra-Fines, PUF

Photo de couverture: répartition instantanée de la pollution atmosphérique de l’aéroport.

Sommaire :
1. Définition des Particules Ultra-Fines (2021)
2. Dangerosité des Particules Ultrafines (2020)
3. Exposition de la population à la pollution de l’air (2021)
4. Le rapport de l’ADRA sur les PUF mesurés à Bâle-Mulhous (2020)
5. Les particules ultra-fines des avions nuisent à la santé (2019)
6. Particules fines, un poison atmosphérique (2017)

 

1. Définition des Particules Ultra-Fines

Les particules ultrafines (PUF) sont des particules de taille nanométrique de moins 100 nanomètres (100nm) de diamètre, qui se comportent comme des gaz. Elles sont d’origine naturelle ou issues de procédés techniques. Certaines PUF sont inoffensives et d’autres dangereuses. Sans exception, toutes les PUF issues des processus de combustion sont nocives. D’une part en raison de leur très petite taille (elles traversent la barrière cellulaire et migrent dans toutes les parties du corps lorsqu’elles sont inhalées), et d’autre part en raison de leur composition chimique et de l’agrégation d’hydrocarbures halogénés et d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP).
Les moteurs à haute performance émettent beaucoup de particules fines ; ainsi les réacteurs d’avion émettent exclusivement des PUF. Alors que la technologie des filtres peut être utilisée sur les moteurs de voiture, cela est impossible pour les réacteurs. En raison de la forte consommation de kérosène, les aéroports sont d’énormes points chauds (Hot Spots) régionaux de particules ultrafines. Des centaines de tonnes de kérosène y sont brûlées chaque jour. Les PUF émises sont transportées par le vent dans les villes et villages environnants.

Exposés aux vents venant de l’aéroport, chaque riverain devient un « fumeur passif » des gaz d’échappement et PUF des avions. Les enfants et les personnes malades sont particulièrement touchés. Source: 10nm.de/info.

L’avion créé des turbulences dans son sillage, qui poussent les gaz vers le sol (copyright by Steve Morris).

 

Pas de lien entre les PM10/PM2,5 et les PUF
« Absence de corrélation directe entre les activités de l’aéroport et les concentrations en masse des particules PM10 et PM2,5. La mesure en masse ne semble donc pas un bon indicateur pour identifier la part de l’activité aéroportuaire. ».
Source Rapport AtmoSud, Analyse PUF Aéroport de Nice 2020, 27 mai 2021, page 33.

Les réacteurs d’avion produisent presque exclusivement des PUF, qui ne sont ni mesurée ni réglementées. On mesure la masse des PM10 et PM2,5 présents dans l’atmosphère, mais le nombre de PUF.

Les risques sont inversement proportionnels à la taille
PM10 : Particules de diamètre aérodynamique inférieur ou égal à 10μm
PM2.5 : Particules de diamètre aérodynamique inférieur ou égal à 2.5μm
PUF ou PM0,1 : Particules UltraFines, de diamètre aérodynamique inférieur à 0.1μm ou 100nm (Les réacteurs produisent surtout des PUF de diamètre 10-20nm, les plus dangereuses)

Source: https://www.afprofilters.com/particulate-matter-air-filters/

Vous trouverez de plus amples informations sur les particules ultrafines, par exemple sur Wikipedia.

Voir notre dossier sur « La qualité de l’air que nous respirons »

 

2. Dangerosité des Particules Ultrafines

Extrait du Rapport ATMO GrandEst « Particules Ultrafines 2020, TRAFIC AÉRIEN », Chap. 2.2, page 12 :
Depuis les années 2000, les études sur les PUF associées à l’aviation se sont multipliées et ont mis en évidence la dangerosité sanitaire des particules ultrafines émises à proximité des aéroports.
Les études mettent en évidence la part majoritaire des PUF issues du trafic aérien (les particules de diamètre compris entre 10 et 20 nm, caractéristiques de la combustion des réacteurs, sont majoritaires dans la concentration totale en nombre des particules).
La concentration en nombre totale est généralement supérieure pour le trafic routier par rapport à l’aérien, mais la part du trafic aérien domine si l’on étudie uniquement les fractions inférieures à 20 nm. Les concentrations les plus élevées sont mesurées pour les phases d’approche de l’avion (décollage/atterrissage) avec une contribution plus importante du trafic aérien en lui-même (moteurs d’avion) par rapport à la part du trafic routier dans et autour de l’aéroport (véhicules terrestres de chargement et autres). Les études mettent en évidence des augmentations des niveaux de PUF avec la densité du trafic aérien (matin et soirée).
Le mode de nucléation (10-20 nm) présente un pourcentage d’autant plus élevé que les mesures sont proches de l’aéroport. L’influence de l’aéroport est encore mesurée à 7 km voire jusqu’à 40 km sous les vents dans certaines études.
Lire le rapport d’Atmo GrandEst SURV-EN-370.

Pollution de l’air : toutes les particules fines n’ont pas la même toxicité
The Conversation, Pr. Thomas Bourdrel, Médecin, chercheur associé au
laboratoire ICube, Université de Strasbourg, 21.05.2021

 

3. Exposition de la population à la pollution de l’air.

« Carte de la répartition de la pollution atmosphérique de l’aéroport. »
En sus du bruit supporté par les riverains, une large partie de la population est directement touchée par la pollution. L’association BV Freising, qui avait fait des mesures de particules ultrafines autour de l’aéroport en 2018, publie une carte interactive 10nm.de qui vous permet de constater si vous êtes potentiellement impacté par le panache de pollution aux PUF émis par les avions en provenance de l’aéroport en fonction de la direction et de la force du vent.

Note : Les cartes se basent sur une simulation ne donnant qu’une indication des dangers possibles. Elles sont basées sur des phénomènes observés et mesurées ponctuellement, mais ne montrent que des tendances qui ne tiennent compte ni du trafic réel ni de la météorologie.

Tutoriel : choisir la langue puis ouvrir le menu en-haut à droite de l’écran. En bas de l’écran, on peut choisir l’historique et avec le bouton jaune, suivre l’évolution de la journée.
Cette carte est une simulation à partir de données historiques et de la force et direction du vent.
Plus d’infos sur la carte ici.

Copie d’écran 10nm.de

 

 

 

 

 

 

 

Pollution aux Particules Ultra-Fines autour des aéroports
Un document de synthèse sur la pollution aux PUF et en page 2 la stratégie des autorités pour gagner du temps et repousser les mesures.
Utile aux associations qui vont démarcher les autorités pour obtenir des stations de mesure et la baisse des PUF dans l’air. Source: Joachim Alt, 30.09.2021, Fluglärm Mainz e.V. membre de UFP-Netzwerk der Bürgerinitiativen.

Etude sur la répartition des PUF à l’approche de l’aéroport de Zurich
« Ultrafine Particle Concentrations Zurich Approach Runway 14 »

Aéroport de Zurich, 6.12.2019

Mesures des PUF à l’aéroport de Zürich
« Ultrafine Particle Measurements At Zurich Airport », Aéroport de Zurich, 03.2017.

 

4. Le rapport de l’ADRA sur les PUF mesurés à Bâle-Mulhouse

10 octobre 2020
Engagés depuis quelques années dans la lutte contre la pollution de l’air engendrée par l’aéroport de Bâle-Mulhouse, nous avons rédigé un rapport sur les Particules Ultra-Fines (PUF) émises par les aéronefs. Comme l’aéroport ignore jusqu’à présent ce type de pollution, qui impacte les usagers et la population riveraine, nous avons réalisé nos propres mesures.
Nous ne revendiquons pas une étude exhaustive, mais nous affirmons l´objectivité de notre publication basée sur des mesures réelles. Elle vise avant tout à rendre attentif aux dangers et enjeux sanitaires de la pollution aux PUF.
Avec ces travaux nous voulons informer le grand public de la région trinationale limitrophe de l’aéroport et attendons en retour des autorités, qu’elles mettent en place un suivit de la pollution aux particules ultrafines.

L’ADRA effectue des mesures de PUF au bord des pistes de l’aéroport avec BV Freising, 28 avril 2018

L’ADRA a mesuré des taux de PUF très élevé autour de l’aéroport de Bâle-Mulhosue Voir la présentation Rapport-PUF-III_2020625.

Voir le rapport (en anglais):
Basel-Mulhouse Airport and Air Quality – part III, Immission by ultrafine particles, analysis and determination of the potential hazard to the residents, Authors Jürgen Fingerle, Oswald Rottmann, Wolfgang Herrmann, and Beat Freiermuth.

 

5. Les Particules Ultra-Fines des avions nuisent à la santé

6 juillet 2019
Les preuves s’accumulent ! Une étude approfondie sur 191 enfants de l’école primaire qui vivent près de l’aéroport de Schiphol près d’Amsterdam, montre que de fortes concentrations de particules ultra-fines (PUF) émisent par les avions peuvent sérieusement affecter leur santé. Les enfants avec des troubles respiratoires, qui sont exposés aux vents venant de l’aéroport, souffrent plus souvent et utilisent plus de médicaments. Les affections se caractérisent par un essoufflement et une respiration sifflante. Ce sont les conclusions de nouvelles recherches de l’Institut national de la santé publique et l’environnement, RIVM, de Hollande en collaboration avec l’Université d’Utrecht et le Centre médical universitaire, AMC.

Une telle étude approfondie sur les particules ultrafines et la santé n’a jamais été réalisée autour des aéroports et devrait alarmer tout responsable qui projette une croissance extraordinaire de l’aviation mondiale.
Le RIVM poursuit l’études sur les effets de l’exposition à long terme aux particules ultra-fines émises par le trafic aérien. (Source: UECNA)

Les particules fines des réacteurs d’avion ont un impact sur les voies respiratoires
Etudie des effets sur les cellules pulmonaires des particules d’échappement des réacteurs d’avion.
Université de Bern, Communiqué de presse, le 16 mai 2019

 

 

6. Particules fines, un poison atmosphérique

12 aout 2017
Dans les rapports sur les mesures de la qualité de l’air sur et autour de la plateforme aéroportuaire de Bâle-Mulhouse, l’impact du trafic aérien sur la pollution de l’air, et par conséquence sur notre santé, est systématiquement minimisé. Les PUF ne sont pas encore réglementées. Atmo Grand Est qui est en charge des mesures de la qualité de l’air régional, ne les mesure pas. Voir les rapports d’Atmo GrndEst.

En effet, la combustion du kérozène, carburant proche du Diesel, engendre des particules ultra-fines, véritable poison pour nos poumons !
« Quelles que soient les concentrations de polluants dans l’atmosphère, il y a une incidence sur notre santé. » Thomas Bourdrel, radiologue strasbourgeois, signataire de plusieurs tribunes et auteur d’études sur l’impact sanitaire de la pollution de l’air. Thomas Bourdrel, est président-fondateur du collectif «Strasbourg respire».

Pour l’ADRA, la pollution atmosphérique générée par le transport aérien est à combattre au même titre que le bruit. Les enjeux environnementaux à long terme pour la population sont majeurs.

Voir aussi:
ACNUSA, « Particules ultrafines & Aviation, Etude bibliographique ».
Kopenhagen, « La pollution de l’air dans les aéroports, solutions ».